Je vais passer une bonne journée cette nuit – Brigitte Lavau

je vais passerRésumé :

Brigitte Lavau est éducatrice spécialisée dans une institution pour adolescents autistes.
Sans nier leur drame, elle pose ici un regard inédit sur eux et leur façon si singulière de concevoir le monde. Dans ce type d’établissement, l’équipe soignante ne doit pas répondre seulement aux angoisses des jeunes autistes mais aussi à celles de leurs familles.
La bonne humeur est un moyen pour lutter contre le découragement, la routine, et pour faire face aux perpétuelles questions des adolescents ou à leurs réactions imprévisibles.
Grâce à son écriture vive, sa sincérité et son parti pris d’optimisme, Brigitte Lavau nous apprend à accepter un univers qui, le plus souvent, nous donne envie de fuir.

Mon avis :

Une belle histoire qui retrace bien le quotidien en institution, les difficultés qu’on rencontre, les conflits d’équipe, mais aussi les joies et les grands bonheurs qui font qu’on aime nôtre métier malgré tout.

Extraits :

p.25 :  » Souvent quand je dis que je travaille avec des adolescents autistes ou psychotiques, les gens soupirent : « Ah … ça doit être dur! » Chaque fois, je réponds : « Non, c’est marrant », mais je vois bien qu’on ne me croit pas et c’est fort compréhensible. On se dit que le quotidien doit forcément être empreint de souffrance, de silences et de cris, dans un hôpital sordide, peuplé de médecins sadiques qui vous font des lobotomies transorbitales …
La réalité est un peu différente. »

p.111 : « Je reste à me demander comment faire pour surmonter ces situations difficiles sans trop de stress. Pour Etienne et moi c’est un peu la même chose, et nous avons besoin d’en parler, mais le boulot ne nous laisse pas le temps de l’analyse pendant la journée, et le soir nous préférons zapper et penser à autre chose … Il y a bien les réunions d’équipe où l’on pourrait aborder ces questions, mais finalement l’ordre du jour est souvent tellement chargé que nous ne prenons jamais ce temps.
Cette année aux Jonquilles, les réunions servent surtout à gérer l’urgence ou l’organisation de la semaine, il y a peu de place pour parler de nos doutes.
Et même s’il le peuvent, rares sont les éducateurs qui s’autorisent à le faire, par pudeur ou par « professionnalisme », car avec ce métier nous apprenons à prendre de la distance pour ne pas nous laisser trop envahir. C’est absolument nécessaire, mais j’imagine qu’il serait tout aussi important de pouvoir aborder ces questions dans des réunions prévues pour cela. »

p.129 :  » Tu sais, dans les années 1930, les nazis ont stérilisés beaucoup de handicapés pour le « bien-être de la société »… Et puis qui peut juger que telle ou telle femme est handicapées ou ne peut pas s’occuper d’un enfant? ça dépend beaucoup de l’époque! C’est très risqué de légiférer là-dessus! »

p.130 : « – Pourquoi parle t-on de stérilisation?
– Parce que la sexualité des handicapées reste totalement taboue en France! Personne ne veut y réfléchir, ni en parler, alors on cherche des solutions définitives. On veut être bien sûr que ces femmes ne feront pas d’enfants, même si c’est ce qu’elles désirent …
– Tu penses que certaines pourraient en avoir?
– Je ne sais pas, mais on pourrait au moins leur reconnaître le droit à une vie amoureuse ou sexuelle. Dans les foyers pour adultes, les handicapés sont souvent plusieurs par chambre, ils n’ont même pas droit à une forme d’intimité! Alors parler du désir d’être mère ou de la sexualité, c’est inimaginable. »

p.148 : »- ça voudrait dire qu’il y’a quand même un facteur génétique? […]
– Peut-être, dit Pakron, puisqu’il y a une proportion de quatre autistes garçons pour une fille … Mais pour l’instant aucun généticien n’a pu trouver le gène en question … Il semble plutôt que l’autisme soit lié à un ensemble de facteurs génétiques, neurologiques ou autres, mais bien malin celui qui peut dire aujourd’hui avec certitude d’où cela vient exactement! Ce qui paraît certain, c’est que l’environnement familial n’est pas la cause. »

P.157 : « C’est un peu comme le terme « autiste », rien ne m’énerve plus que de l’entendre employé à propos des nations ou des dirigeants. Les journalistes utilisent parfois cette formule pour évoquer celui qui ne veut pas entendre ou comprendre une situation pourtant claire. Un autiste devient donc quelqu’un qui refuserait consciemment de communiquer par fermeture d’esprit volontaire et stupide, ce qui est bien loin d’être le cas des personnes réellement autistes. »

p.170 : « Ce sont les joies du métier d’éducateur spécialisé, nous n’avons aucun moment prévu dans notre emploi du temps pour préparer nos activités, écrire nos bilans de synthèse, monter des projets … Tout cela se fait sur notre temps personnel et ne met pas tout le monde à égalité. »

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